Josef Koudelka à Paris – La fabrique d’Exils au Centre Pompidou

(article bilingue: version française en bas)

Por primera vez en treinta años, la obra de Josef Koudelka se expone en París. En 2016, el fotógrafo donó al Centro Pompidou setenta y cinco tomas de la célebre serie Exils. Para celebrar esta donación, la Galerie des Photographies del Centro Pompidou propone una exposición nos ofrece un resumen de las fotografías más icónicas del famoso fotógrafo checo, acompañadas de tirajes inéditos.

© Josef Koudelka / Magnum Photos

Josef Koudelka, nacido en 1938 en Boskovice en la antigua Moravia, se convirtió en un fotógrafo famoso de la noche a la mañana en 1968, durante la invasión de las tropas del Pacto de Varsovia, que aplastaron el sueño democrático de la Primavera de Praga. Las fotos que tomó en el evento, dramáticas e intensas, fueron inmediatamente publicadas por la agencia Magnum bajo las iniciales “P.P.” (por “Prague Photographer”) donde conocerá a Henri Cartier-Bresson quien se convertirá en su amigo y mentor artístico.

Invasion, Praga, 1968 © Josef Koudelka / Magnum Photos

Koudelka podría haber elegido ser un reportero gráfico como tantos otros, pero eligió seguir su propio camino y llevar una vida diferente. Incapaz de volver a su país debido al clima político –  tenía miedo de ser descubierto como “el fotógrafo de Praga” y ser encarcelado – Koudelka se niega a aceptar cualquier trabajo estable y se vuelve nómade durante seis meses por año, viajando al sur de Europa, siguiendo el curso de las fiestas y carnavales populares. Su fascinación por los gitanos casi lo empuja a convertirse en uno de ellos: “Cuando estaba fotografiando gitanos en Checoslovaquia, fui a vivir con ellos y cuando dormía fuera, dejaban siempre a alguien conmigo para que no me pasara nada. Más tarde, en el exilio, sentí que yo estaba en una situación más difícil que la de ellos. Me decían: “Debe ser muy difícil para ti viajar sólo por el mundo” y recuerdo pequeños niños gitanos que me preguntaban “¿Usted no ha visto a los suyos por cuánto tiempo? Era mi elección de vida pero ellos no podían entenderlo”.

ESPAÑA. Andalucia. Granada. Guadix. 1971. © Josef Koudelka / Magnum Photos

Integrante de Magnum, pero bajo la condición de jamás aceptar trabajos a la comanda ni vender sus trabajos, Koudelka ha desarrollado un trabajo lleno de poesía, que se detiene en los detalles, en las formas ocultas en las escenas más comunes, a veces llegando casi a la abstracción. La gente está ahí, pero de una manera fragmentaria, cruzando miradas furtivas con la cámara en medio de paisajes desolados. Una profunda reflexión sobre la condición humana y su soledad, como también de su infinita libertad, emerge de estas tomas.
La joya de esta muestra es la serie de auto-retratos que el curador Clément Chéroux llama “autorretrato horizontal” imágenes que nos muestran a Koudelka acostado en el piso, despertando en una variedad de lugares donde ha llevado su bolsa de dormir. En casa de amigos, en el suelo de la agencia Magnum, o incluso bajo las estrellas, con los rascacielos de Manhattan como únicos testigos de su elegida soledad.

Grecia, 1983. © Josef Koudelka / Magnum Photos
Oficinas de Magnum Photos, Paris, Francia, 1984 © Josef Koudelka / Magnum Photos

A pesar de ser parte del Mois de la Photographie du Grand Paris, la exposición, de entrada gratuita, ha tenido muy poca publicidad al punto de estar ausente de los enormes paneles que decoran la fachada del edificio Beaubourg. Incluso en el hall de entrada no encontramos ni un cartel que nos invite a pasar a visitar la muestra gratuita que se desarrolla en el subsuelo. Sería una decepción pensar que el centro Pompidou elige no publicitar las exposiciones para las que no cobra entrada. A pesar de todo, una hermosa reedición de Exils fue publicada en coedición con Xavier Barral, con noventa y cinco fotografías y documentos de archivo editados por el propio Koudelka. Este libro intenta, en palabras de C. Charoux, “poner de relieve las recurrencias de formas y temas, es decir, de las formas de hacer imagen. Evidentemente, no se trata de contar historias a la manera de las picture stories de los reporteros gráficos, sino más bien de mostrar el hecho de que existe una verdadera cosmología Koudelka ”

Modesta, sobria, pero sobre todo profunda, la exposición transmite el espíritu rebelde de Koudelka y da ganas de dejarlo todo para ponerse unas zapatillas y salir a recorrer el mundo. No podemos hacer otra cosa que recomendar una visita.

© Josef Koudelka / Magnum Photos

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Pour la première fois en trente ans, l’oeuvre de Josef Koudelka est exposé à Paris. En 2016, le photographe a fait le don de soixante-quinze clichés de la série Exils au Centre Pompidou. Présentée à la Galerie de Photographies, cette exposition nous offre une synthèse des photos les plus emblématiques du célèbre photographe tchèque, accompagnées par des tirages inédits.

Josef Koudelka, né à 1938 à Boskovice, dans l’ancienne Moravie, est devenu photographe presque par chance. Jeune, il travaillait comme ingénieur tandis qu’il faisait de la photographie de théâtre. Il est devenu célèbre du soir au matin en 1968, lors de l’invasion des troupes du Pacte de Varsovie, qui ont d’un coup écrase le rêve démocratique du Printemps de Prague. Les images qu’il a prises lors de cet événement, dramatiques et intenses, sont publiées sous les initiales «P.P.» ( pour « Prague Photographer ») par l’agence Magnum, lieu où Koudelka fait connaissance d’Henri Cartier-Bresson, qui devient son ami et mentor artistique.

Koudelka aurait pu choisir de vivre une vie de photo-journaliste, en enregistrant des événements politiques, comme celui qui l’a fait mondialement connu. Mais il a choisi de suivre son propre chemin pour mener une vie différente. Empêché de rentrer chez lui en raison du climat politique – il avait peur d’être découvert comme « le photographe de Prague » et donc emprisonné – il refuse tout travail salarié et se transforme en nomade pendant six mois à l’an, en parcourant les chemins cachés du Sud de l’Europe. Il suit le déroulement de fêtes populaires et des carnavals. Sa fascination pour les tziganes lui pousse à presque devenir un d’entre eux : « Quand je photographiais les gitans en Tchécoslovaquie, que j’allais vivre avec eux, quand je dormais dehors, ils laissaient quelqu’un avec moi pour que rien ne puisse m’arriver. Après, dans l’exil, ils avaient le sentiment que j’étais dans une situation plus dure que la leur. Ils me disaient : « Ça doit être très difficile pour toi de voyager seul dans le monde » et je me souviens des petits gitans anglais qui me demandaient « Tu n’as pas vu les tiens depuis combien de temps ? » C’était mon choix de vie et ils ne pouvaient pas le comprendre. ».

Intégrant Magnum mais en refusant de prendre des commandes et à vendre ses tirages, Koudelka a développé un travail plein de poésie, qui s’arrête sur les détails, les formes cachées dans les scènes les plus ordinaires, arrivant par moments presque à l’abstraction. Les gens sont là mais d’une façon fragmentaire, croisent des regards furtifs avec la caméra, au milieu des paysages désolés. Une profonde réflexion sur la condition humaine et sa solitude, comme aussi sur sa liberté infinie, se dégage de ces clichés.

Le joyau de l’exposition est la série d’autoportraits que le commissaire Clement Chéroux a baptisé « l’autoportrait horizontal » : des photos jamais montrées où Koudelka se prend en portrait allongé, en train de se réveiller dans les lieux les plus divers, emportant avec lui son sac de couchage. Chez des amis, sur le sol de l’agence Magnum, ou même à la belle étoile, avec les gratte-ciels de Manhattan comme seuls accompagnants d’une solitude choisie. L’exposition présente également pour la première fois les planches sur lesquelles le photographe collait ses images, suivant une organisation soit formelle, soit thématique, d’ou est tiré le titre de l’exhibition: « La fabrique d’Exils ». Ainsi, le Centre Pompidou invite au public à découvrir la genèse d’un ouvrage marquant, d’un grand renom dans l’histoire de la photographie.

Même si elle fait partie des événements du Mois de la Photographie du Grand Paris, l’exposition, d’entrée gratuite, n’a malheureusement eu que très peu de publicité, jusqu’au point d’être absente des panneaux qui décorent la façade du Beaubourg. Cependant, une très belle réédition d’Exils a été publiée en coédition avec Xavier Barral, et nous offre quatre-vingt-dix photographies et cinquante documents d’archives, recueillis sous la direction de Koudelka lui-même.

Modeste, sobre, mais surtout touchante, cette exposition transmet l’esprit rebelle de Koudelka et donne envie de tout quitter pour enfiler ses baskets et sortir faire le tour du monde. On ne peut que vous conseiller vivement d’y aller faire le tour.

Josef Koudelka, La Fabrique d’Exils, en el Centre Pompidou, 22 février – 22 mai 2017